La coiffure comme outil de développement personnel

img_20140124_183401Ce matin je me faisais mon brushing devant la glace et voilà ce qui m’est apparu comme une évidence.

On va parfois voir un coiffeur avec la même démarche que lorsque nous consultons un psychologue, un coach, un masseur, un thérapeute ou un voyant. On a envie de changer.

En allant chez son coiffeur en l’occurrence, nous avons envie de changer de tête. On est dans une démarche d’un changement extérieur de notre apparence, de notre vie.

Et souvent dans ce cas de figure, nous avons deux manière de réagir et plusieurs réactions possible face aux résultats.
Soit, nous avons tendance à attendre du coiffeur qu’il trouve à travers son professionnalisme et son expérience du métier, la coiffure qui va nous aller le mieux avec laquelle on va se trouver beau. « C’est son métier » pensons nous, « qu’il fasse au mieux pour nous transformer cette tête que nous ne pouvons plus voir en peinture ».

Soit encore nous lui dictons ce que nous souhaitons obtenir comme résultat.
Nous arrivons avec une photo prise dans un magazine d’une star qu’on admire ou la super coupe de cheveux de notre meilleure amie qui lui va tellement bien et on voudrait la même chose et surtout se trouver aussi radieux que notre copine. Sans se préoccuper si notre texture de cheveux ou notre bouille va nous permettre la même extravagance. Je suis sûre que cela vous est déjà arrivé au moins une fois les filles.

Résultat, dans ce cas de figure comme dans le précédent, nous sommes rarement satisfait. Dans un cas comme l’autre, nous attendons du coiffeur qu’il soit acteur et créateur de cette transformation que nous avons besoin et que nous attendons pour aller mieux. C’est lui le professionnel, il sait comment faire.


Nous pouvons avoir le même réflexe en consultant un psychologue, un voyant ou un coach.

On attend du voyant qu’il nous annonce un futur radieux et plein de bonnes surprises qui vont changer notre vie.

On croit que le coach va nous donner le chemin pour aller tout droit vers nos buts. On pense que le psychologue nous expliquera pourquoi nous n’allons pas bien et qu’ainsi les problèmes seront résolu vite et que le masseur va nous faire tellement de bien qu’on va repartir du bon pied…

Malheureusement nous risquons de vivre les mêmes découragement et déceptions qu’en sortant de chez notre coiffeur.

Ce n’est pas notre tête qui nous plait pas mais notre vie. Le coup de baguette magique que nous attendions ne va pas produire sur nous son effet instantané .. Alors nous avons toutes les raisons de croire que le professionnel est mauvais et nous en changeons…. Et cela peut durer des années et des années sans trouver une certaine stabilité dans nos états, sans comprendre que notre bien être dépend de notre capacité à choisir de changer maintenant notre état d’esprit, notre regard sur la vie, nos croyances.

img_20140128_220943La responsabilité du coiffeur

Le coiffeur va appliquer la tendance du moment qui ne collera pas forcément à notre style. Il nous connaît peu, nous nous livrons pas non plus à lui. Nous ne lui avons pas délivré nos états d’âme du premier coup parce que nous les femmes nous aimons bien changer de coiffeur. Dans un rendez-vous de trente minutes, il n’a pas le temps de nous connaître intimement. Nous sommes rarement fidèle à un coiffeur. Et pourtant nous attendons de lui des miracles…
Sa technique de coupe peut être super professionnelle, mais nous ne nous reconnaissons plus dans le miroir parfois.

La coupe que nous avons proposé ne correspond peut-être pas avec notre nature de cheveux et nécessite une transformation chimique de la texture du cheveux. On peut changer chimiquement une nature de cheveux, pour un temps.
Mais lorsque le cheveu repoussera, il reprendra sa forme naturel, sa vraie nature et au bout de quelques mois notre insatisfaction refera surface. Rien n’aura changé en profondeur, ni à long terme en définit.

Le coiffeur lui, à sa technique, son expérience, son style, son vécu, ses goûts. Il peut avec sa technique professionnelle réaliser la coupe de cheveux de nos rêves avec une permanente, un défrisage et un brushing. Vous pouvez presque tout faire aujourd’hui techniquement pour transformer une tête. Mais attention, ce n’est que temporaire. En rentrant chez soi après une douche, vous ne retrouvez plus la même tête, qu’en sortant de chez votre coiffeur. Et pourtant vous étiez contents de votre tête à ce moment là…

Si le coiffeur n’apprend pas à son client à se recoiffer ensuite, comment celui ci va-t-il gérer sa tête les jours qui suivent?

Si le client ne se rend pas compte de son implication des le lendemain au réveil, il sera forcément dans le même état d’esprit très vite à ne plus supporter sa tête et à maudire ce coiffeur.

Il est important d’apprendre au gens à se coiffer et à aimer leur tête, leur texture de cheveux. Arriver à se coiffer soi-même facilement pour se sentir bien et beau avec sa nature de cheveu implique de se regarder dans son miroir et de se voir avec note tête du présent. C’est être face à soi, seul avec soi. Et là, beaucoup déteste se regarder leur reflet…

img_20140316_210534Notre responsabilité de client?

Est on conscient de tout cela en prenant rendez vous sur un coup de tête parce que nous n’en pouvons plus de notre tête?
Savons nous qu’en même temps, nous vivons certainement de gros changements intérieurs dans notre vie qui nous perturbent? Que nous avons tout simplement besoin d’un équilibre extérieur pour ne pas été trop bousculé?

Alors si nous utilisions la coiffure comme un outil de développement personnel, je crois que nous aurions là un bon outil pour nous faire du bien et nous aimer, même si ce n’est qu’extérieurement.

C’est un bon début.

N’est ce pas ce que les autres voient en premier chez nous, notre allure extérieure?

N’est ce pas souvent notre grande préoccupation consciente ou inconsciente le regard des autres sur nous?

Le coiffeur nous propose-il d’essayer quelque chose de nouveau?

Se sent on en accord intérieurement avec sa proposition?

Nous reconnaissons-nous dans l’image de nous que montre cette coiffure?

Après mon bac, j’ai fait une école de coiffure privé en une année. Au premier cours avec le directeur de l’école sur la question :
« Pourquoi avoir choisi ce métier »
J’avas répondu: « si quelqu’un a les cheveux bouclés c’est qu’on doit pouvoir lui trouver une super coupe de cheveux avec cette texture et celui qui est blond doit être parfait avec cette couleur. »
j’avais eu droit comme réponse:
« Ma pauvre fille, vous ne réussirez jamais dans ce métier « 
Et c’est vrai, j’ai arrêté trois ans après. Mais la coiffure a toujours été un passe temps créatif pour moi qui me fait le plus grand bien, me détend et me donne une immense satisfaction. je ne m’en suis jamais passée.

Ma conception de la coiffure était qu’on devait se retourner dans la rue sur la personne parce qu’elle dégageait quelque chose de particulier. Parce qu’elle se ressemblait et montrait son vrai visage du moment. Cela devait donner envie d’aller à la rencontre d’une personne authentique qui montre son vrai visage.
Comment faire cela en 30 minutes montre en main?

Sculpter une tête demande pour moi, un vrai temps de connexion et de ressenti avec la personne qui prête sa tête pour aller vers un changement.

Je le sentais toujours cette envie de changement et de bien-être chez mon client.

Tel que la coiffure se concevait il y a 25 ans, j’ai compris à l’époque que ce métier ne m’aiderait pas à aider les autres à être mieux dans leur tête et à devenir eux-même extérieurement et intérieurement.

Accepter son image, c’est ne plus subir le regard des autres…. C’est s’aimer tel que l’on est, c’est aller vers la découverte de ses trésors intérieurs…
Le métier de coach pour cela m’épanouit. les gens sont plus dans une demande consciente de changements en profondeur.

Petite, j’adorais jouer à la chasse au trésor. Cela pouvait durer tout un été… Chaque équipe préparait des cachettes, des devinettes, des questions secrètes que l’autre équipe devait trouver pour se rendre à l’étape suivante et s’approcher du trésor. C’était un long chemin pour y arriver. Et parfois je rentrais bredouille chez moi mais je savais qu’il me restait toutes mes chances le lendemain de trouver le dénouement… C’était excitant.

Alors aujourd’hui, trouver une carte au trésor en chacun de nous me ravit… Et je trouve le chemin souvent exaltant tellement il est complexe mais parfait… Difficile mais logique…. Délicat et unique.

Et quand chacun y met du sien, je suis sure que coiffeur, coach ou psychologue avec leurs clients, doivent se régaler de toutes les étapes que l’on traverse pour arriver au cœur de son être, à la source de notre bien-être.

Alors ne coupons pas les cheveux en quatre et regardons notre tête dans un miroir, elle a tellement de choses à nous dire…

7 thoughts on “La coiffure comme outil de développement personnel

  1. bonjour
    Je viens de prendre rdv en début d’après midi chez le coiffeur, on peut le dire à reculon , ma coiffeuse amie depuis ans viens de partir à la retraite et je lui ai souvent dit qu’ elle aurait pu être Psy, tellement ses clientes lui confiaient des partie de leur vie,,nous avions confiance en elle , et elle nous connaissait par cœur , vouloir être rousse pour moi a été un défit que je lui ai lancé malgré son avis négatif depuis quelques années, je l’ai vite regretter, elle avait raison mon teint ne se prêtait pas du tout à cette couleur, mais cette envie de changement était bien inscrite dans ma vie il y a un an. En période de doute aujourd’hui, bas du dos bloqué, et cette difficulté à m’aimer sur laquelle tu viens de mettre le doigt par ton article , merci comme souvent , tu es là au bon moment..
    A bientôt
    Corinne

  2. Il y a chez toi la vérité de l’innocence qui te rend unique et géniale.
    Les coiffeurs, c’est peut être le dernier métier que la société bien pensante aurait assimilé au développement personnel. C’est le métier des jeunes qui ne vont pas au bac et que l’on méprise avec les garagistes, les tourneurs fraiseurs, les coututières et les cuisiniers. Des métiers de CAP et autres filières sous estimées et méprisées par bêtise..
    Oser parler de la coiffure comme outil de dévereloppement personnel, c’est très dissident, iconoclaste et révolutionnaire. Et pourtant, tu as raison sur toute la ligne, il s’agit d’un noble métier.
    Merci à toi et à Lionel d’oser l’avoir présenter, vécu et transmis autrement. Vous êtes des pionniers. Et toi tu es géniale !

    1. Oui et merci à Lionel de m’avoir rebranché sur la coiffure et redonné le plaisir de regarder ce métier autrement il y a 15 ans! D’artiste capillaire à accompagnant il n’y a qu’un pas :o)

  3. J’adore ce lien entre coiffure et développement personnel. Clair et limpide!
    Ca m’éclate de voir combien tout ce que nous faisons est toujours lié. Malgré les apparences, il n’y a pas de zazard. Il y a simplement des chemins qui prennent pleins de formes différentes mais au fond, ils ont tous une trame, un fil, un cheveu qui relie les éléments ((-;

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